15. 11. 15
posted by: Super User
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Chers élèves,

parce qu’une fois encore notre pays a été endeuillé par de ter­ri­bles atten­tats, je vous pro­pose ici de réfléchir aux valeurs que porte notre République et en par­ti­c­ulier à la LIBERTE

Lib­erté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cen­dre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guer­ri­ers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jun­gle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les mer­veilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chif­fons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouf­fée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la mon­tagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scin­til­lantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sen­tiers éveil­lés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débor­dent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réu­nies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma cham­bre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gour­mand et ten­dre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte mal­adroite
J’écris ton nom

Sur le trem­plin de ma porte
Sur les objets fam­i­liers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des sur­prises
Sur les lèvres atten­tives
Bien au-​dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détru­its
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la soli­tude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé rev­enue
Sur le risque dis­paru
Sur l’espoir sans sou­venir
J’écris ton nom

Et par le pou­voir d’un mot
Je recom­mence ma vie
Je suis né pour te con­naître
Pour te nommer

Lib­erté.

Paul Elu­ard

Poésie et vérité 1942 (recueil clan­des­tin)
Au rendez-​vous alle­mand (1945, Les Edi­tions de Minuit)

Je vous pro­pose donc une série d’activités pour par­ler de ces événements :

Pour les élèves de 6e :

Cliquez ici pour accéder au dossier ASTRAPI

Cliquez ici pour accéder au Petit Quo­ti­dien et au Quotidien

Pour les élèves du cycle 4, La Passerelle pro­pose de s’interroger sur notre Lib­erté menacée :

Cliquez ici pour accéder à l’Activité La PASSERELLE

Pour les adultes de l’établissement, notre col­lège Math­ieu K. Fon­vieille a séléc­tionné des ressources :

Cliquez ici

Les resources EDUSCOL :

Cliquez ici

Les dessi­na­teurs de presse se sont beau­coup exprimés sur la sujet :

Cette attaque a sus­cité des réac­tions de sol­i­dar­ité et de fra­ter­nité partout dans le monde…

A Mon­tréal au Canada…
A Wash­ing­ton aux Etats-​Unis
Syd­ney en Australie
Mum­bai en Inde
A Jerusalem, la vieille ville se drape des couleurs françaises
Vrai­ment partout…
Un logo détourné :
Les réseaux soci­aux se sont mobil­isés avec une ampleur sans précé­dent : le compte @@recherche_​paris sur Twit­ter est l’initiative d’une ado­les­cente de 15 ans. On peut aussi men­tion­ner le Safety Check de FB, cela a per­mis aux familles d’avoir des informations :
Après 3 jours d’une tristesse infinie et d’une gueule de bois sans précé­dent, ce matin je suis opti­miste.

Comme beau­coup, j’ai lu la presse, regardé la télé, par­couru les réseaux soci­aux pour com­pren­dre ce qu’on était en train de vivre, pour met­tre des mots sur l’indicible, pour regarder mon pays.

Alors bien sûr, j’ai vu de la peur, un peu de haine, du désir de vengeance, j’ai même vu quelques gros cons aussi vul­gaires qu’indécents.

Mais j’ai surtout vu de l’espoir. J’ai surtout vu du courage et de la dignité.

Comme ce veuf qui déclare aux ter­ror­istes dans un texte incroy­able qu’ils n’auront pas sa haine ni celle de son fils de 17 mois.

Comme cette vieille dame qui affirme que nous frater­niserons avec 5 mil­lions de musul­mans et que nous nous bat­trons con­tre les 10 mille barbares.

Comme ce jour­nal­iste qui déclare que per­sonne ne pourra nous pren­dre ce qui nous constitue.

Comme cet enfant qui répète que les fleurs et les bou­gies, c’est pour nous protéger.

J’en ai vus et lus des dizaines comme ça, merci.

On dit d’un ani­mal blessé qu’il peut être dan­gereux. Je décou­vre aujourd’hui qu’un pays blessé peut être intelligent.

Ce matin je suis opti­miste et j’aime mon pays comme rarement.

Oui, la France est belle car elle ne cédera pas à la panique. Elle est belle car elle con­tin­uera de faire briller toutes ses couleurs, ses dif­férences et ses inco­hérences. Elle est belle car elle aime danser et faire du bruit, chanter et vivre la nuit. Elle est belle parce qu’elle aime lever son verre en se regar­dant dans les yeux. Elle est belle parce qu’elle a une grande gueule. Elle est belle parce qu’elle est rebelle et inso­lente. La France est belle parce qu’elle est libre et ça, per­sonne ne pourra lui enlever.

Bil­let orig­i­nal pub­lié sur la page Face­book de Grand Corps Malade

La France, pays des Lumières et des valeurs human­istes est frap­pée à Paris, sa capitale.
Les hom­mages se mul­ti­plient comme devant le Bataclan :
Ou Place de la République où les graf­feurs revis­i­tent la devise de la ville :
Les élèves pour­ront réa­gir sur TWIT­TER avec la balise #EcolespourlaPaix
«Nous devons appren­dre à vivre ensem­ble, comme des frères, sinon nous allons tous mourir ensem­ble, comme des idiots.»
Mar­tin Luther King